La démarche

Jean-Claude Bertrand

 Une aventure picturale autour des sens…

Très sensible aux musiques d’improvisation et plus particulièrement au jazz, il a tout d’abord décrypté cette richesse musicale. Puis, explorateur insatiable, il a élargi sa palette à toute autre forme de musique, de voix, ainsi qu’à d’autres aventures sensorielles comme l’univers du parfum, de la gastronomie, du vin…

Jean-Claude Bertrand ressent intimement la force expressive et lyrique de la matière et de la couleur comme un matériau privilégié pour accoucher de ses émotions sensorielles suite à ses découvertes musicales, œnologiques, olfactives, gastronomiques, esthétiques.

Pour s’échapper de toute référence à des images anecdotiques Jean-Claude Bertrand peint en privilégiant le silence iconographique qui l’oblige à une écriture plus vraie et plus spirituelle, répondant puissamment à sa véritable nécessité intérieure.

 » La toile se structure ainsi dans ce creuset  permanent où conscient, inconscient, intuition et choix personnels s’affrontent, se confrontent, se complètent jusqu’à leur imbrication à mes yeux évidente. Le point de finition est alors décidé ».

L’œuvre n’a de légitimité et d’existence propre que lorsqu’elle se donne à voir, qu’elle se livre au lecteur afin qu’il puisse s’y aventurer à son tour et ressentir cette belle émotion qui nous atteint en écoutant de la musique, en dégustant un vin, un mets, en respirant un parfum… et qui nous procure l’irrésistible envie de bonheur et de son partage.

 

Jean-Claude Bertrand ne souhaite pas témoigner, dénoncer les travers de notre société. Il aspire plutôt à être un chantre de la beauté, de la féerie de ce monde que l’on ne sait plus voir ni regarder, ni écouter, ni savourer, ni humer, ni toucher… à être constamment capable d’étendre, et toujours plus loin, le réseau de nos capteurs sensibles !

 

 

 

Les écritures musicales…

Jean-Claude Bertrand introduit parfois dans ses œuvres des écritures très souvent non lisibles, signes inventés, indéchiffrables, colorés, qu’il utilise comme un matériau pictural à part entière. La matérialité des écritures et l’expressivité d’un tracé rapide condensent un ensemble de sens non narratifs qui permet d’éclairer et de compléter la signification de l’œuvre, elle-même non figurative.

Jean-Claude Bertrand échappe ainsi au discours convenu, propre à une culture définie, pour s’orienter vers une communication universelle. Par cette pratique, il vise à créer un contact direct, à jeter des passerelles, entre sa conscience individuelle et la conscience collective. Le lecteur quel qu’il soit, peut alors se réapproprier l’œuvre avec ses propres acquis.

Ces écritures musicales dont les signes se touchent, s’entremêlent, rappellent souvent des  manuscrits du moyen-âge, voire des écritures égyptiennes, grecques ou encore des idéogrammes chinois. Elles évoquent ainsi les origines du langage écrit. Par le tracé gestuel de l’écriture, Jean-Claude Bertrand évoque non seulement les prémices de la communication écrite originelle mais aussi les arabesques et le phrasé des partitions musicales.

L’écriture étant une traduction manuscrite voire graphique par l’homme de sa pensée, le peintre aspire ainsi à « figurer » comme en filigrane la présence de l’humain.

A la découverte de ces écritures musicales, Jean-Claude Bertrand invite le lecteur à pénétrer dans un monde vibratoire où la spatialité joue un rôle de plus en plus prépondérant. L’espace complète alors les paramètres traditionnels du son : la hauteur, la durée, l’intensité et le timbre. Ses écritures musicales deviennent alors multidimensionnelles.